Menu

Rêvolution Climbing Team : découverte avec Didier Mottart

  • Écrit par Michaël Timmermans
1 1 1 1 1 Evaluation 5.00 (5 Votes)

Simon, Sven et Thomas de Rêvolution Climbing Team lors du Championnat de Belgique<br />© M. TimmermansFin 2015 naissait le club Rêvolution Climbing Team amenant une vague mauve sur les compétitions nationales et quelques belles prestations sur rocher des grimpeurs du club. Avec le lancement de leur site web, nous sommes partis à la rencontre de Didier Mottart, fondateur et coach du club.

 

Qu'est-ce qui t'as poussé à créer un nouveau Team d'escalade ?

J'ai commencé à bosser en tant qu’entraîneur à Entre Ciel et Terre, puis simultanément à ECT et AltitudeCCM à Braine-l'Alleud. Les entraînements de Braine ont ensuite fusionnés avec Climb Cool (Charleroi) qui était déjà un team qui s’entraînait dans différentes salles. J'étais déjà ami avec Stéphane Hanssens et Olivier Rouquette à cette époque et ils ont souhaités qu'on bosse ensemble. Via le rassemblement des brainois et des carolos, ça a fonctionné. Mon travail avec Climb Cool était intéressant. Ça fait partie de mon parcours, de mon évolution. Petit à petit j'ai pris mon leadership, ce qui correspond aussi à ma personnalité, mais toujours soutenu par eux. Fin 2015, le team Climb Cool ne fonctionnait plus aussi bien qu'auparavant, essentiellement pour des raisons financières. C'est difficile de faire du haut niveau en escalade en étant rentable. J'ai donc créé Rêvolution, ce qui devait arriver un jour, mais vu l'arrêt de Climb Cool, ça c'est fait à ce moment-là.

 

 

Quelle est l'esprit, le but et l'objectif de Rêvolution ?

Rêvolution Climbing team c'est une famille, au sens quasi littéral du terme. Notre force, c'est le groupe. Bien sûr j'en suis le créateur. Oui c'est un peu mon bébé, l'aboutissement d'années de travail. Mais c'est avant tout NOTRE team. La plupart de nos athlètes font de la compétition, mais ce n'est pas du tout une obligation même si presque la totalité a déjà testé ou pratiqué de la compétition. Nous avons des profils type falaise comme Eline le Menestrel ou Loïc Debry qui sont des maillons très importants du team. Qu'est-ce-que cela révèle ? Simple : Nous n'imposons pas les objectifs, nous partons de l'individu et ça c'est très important. Chacun a ses rêves et ses priorités. L'escalade est un sport individuel qui se pratique en groupe. L'ouverture sur les autres et la manière de pratiquer l'escalade, alliée à la connaissance de soi, est une clé magique. Je tiens particulièrement à l'accent circonflexe sur le E de Rêvolution, même s'il n'est pas interprétable dans les autres langues que le français. La notion de rêve est fondamentale. " Évoluer pour aller chercher ses rêves, c'est un peu une révolution personnelle. " Cette phrase est, pour moi, la représentation de la philosophie du team. " Rêver c'est vivre " est une idée que j'apprécie aussi particulièrement. Nous commençons aussi à guider des grimpeurs/euses qui sont motivés mais qui n'ont pas le niveau de nos élites. Les portes ne sont pas fermées, il y a notamment le travail de Pierre Job à ce niveau, et certains athlètes commencent à m'aider dans le coaching. Il y a 2-3 athlètes qui sont intéressés de devenir entraîneur eux-mêmes plus tard. C'est vraiment chouette.

 

La Rêvolution Climbing Team<br /> Patrick DelcoigneDidier Mottart en plein coaching avec Héloïse Doumont aux Championnats du Monde à Paris<br />© M. Timmermans Loïc Debry dans Coup de lune<br />© Pablo RecourtRêvolution Climbing Team<br />Photo : Stéphane Hanssens

 

Tu n’es pas seul à gérer et entraîner les athlètes. Peux-tu nous présenter les personnes impliquées et ce qu’ils apportent chacun ?

  • Florian Delcoigne est un de mes athlètes depuis plusieurs années. Il est une des personnes qui a le plus réagi à la création du team. Il s'entraîne toujours. Il est le grand frère de Lucie et connait bien voir très bien de nombreux athlètes. Il a pratiqué de la compétition mais c'est avant tout un falaisiste. Il peut prendre différents rôles donc c'est une personne ressource importante qui me soulage régulièrement de différentes tâches car je n'ai pas le temps de tout faire moi-même. Il est le responsable internet, communication, commande et création de produits visuels comme les vêtements du team dont nous avons récemment reçu la nouvelle version qui a été portée par les athlètes aux championnats nationaux.
  • Pierre Job est une personne qui peut faire des planifications pour tout type de grimpeur. Il s'occupe de quelques personnes qui ne sont pas forcément nos élites mais qui montrent de la motivation, une envie de progresser, adulte ou plus jeune, gros niveau ou pas. Il n'y a pas de critères fixes. Mais Pierre est avant tout notre " maître zen " : massage, yoga, méditation. Il connait bien le corps humain et nous aide à l'harmoniser. Cet aspect est en développement. Le futur lui fera une place de plus en plus grande, j'en suis persuadé.
  • Margaux Lalli & Vincent d'Harveng sont les préparateurs physiques (prépa générale). On sait bien que le rôle de la préparation physique générale est quelque chose d'incontournable dans le sport de haut niveau : pour la prévention des blessures, pour que le physique général soutienne le spécifique, pour combler certaines lacunes dans certaines chaînes musculaires. Nous avons donc nos experts, avec des plages horaires dédiées à cela et des planifications personnelles aussi. Vincent et Margaux se répartissent le travail entre nos athlètes les plus jeunes et les plus expérimentés. Vincent s'occupe notamment des athlètes PEPS, ces étudiants UCL qui ont le statut de sportif de haut niveau, une aide de l'UCL appréciée.
  • Olivier Rouquette travaille en psychologie du sport. Il est actuellement à l'étranger pour un master, mais reste une personne ressource importante à ce niveau. Il est le préparateur mental de Stéphane et a déjà et travaillera avec d'autres athlètes de manière plus ponctuelle. 
  • Moi je m'occupe beaucoup de nos élites et suis sur le terrain au moins 5 jours par semaine. Je fais la plupart des planifications et me considère comme un chef d'orchestre. Et il est beau et riche l'orchestre. J'ai de la chance.

 

Florian Delcoigne lors d'une expédition au Blamann en Norvège<br />© Blamann ProjectFlorian Delcoigne au Yosemite<br />© Sébastien BertheOlivier Rouquette & Didier Mottart<br />Coll. Belgian Climbing TeamDidier Mottart<br />© M. TimmermansDidier Mottart à Siurana<br />© M. Timmermans

 

Vous n'avez pas de salle attitrée. Comment vous organisez vous pour vous entraîner dans d'autres salles ? Est-ce plutôt un désavantage ou un avantage de ne pas être lié à une salle.

On s'entraîne principalement à Entre Ciel et Terre et à BeBloc. Etant donné que nous avons des athlètes de toute la Belgique, ça n'est pas forcément un problème puisque par exemple, un liégeois se déplacera plus facilement à Jambes qu'à Louvain-La-Neuve ou Bruxelles. Nous allons aussi, à certaine période de l'année, à Klimax une fois par semaine et aussi parfois à Stone Age. On peut constater que je viens de citer 4 des meilleures salles de Belgique. Ce n'est pas un hasard. C'est certain que, vu qu'on n'est pas les " locaux ", c'est parfois plus difficile d'obtenir certaines facilités, mais on se débrouille bien. A Entre Ciel et Terre et à BeBloc, nous avons de bonnes possibilités et structure d'entraînements sur lesquelles nous interagissons avec les gestionnaires respectifs et nous les remercions pour cela. Nous savons que nous sommes une source d'inspiration pour certains grimpeurs/euse et tâchons de valoriser cela en gardant notre humilité. Une chose qui est compliquée, c'est qu'une salle ayant un team, amorti financièrement cela via d'autres activités (écoles, stages, anniversaires,...) d'où le fait que nous manquons cruellement de moyen financiers. Je tiens à remercier nos nouveaux sponsors, PETZL et CLIMBSKIN, qui nous soutiennent et avec qui un partenariat de qualité a pu voir  le jour. Une autre chose qui est difficile, c'est le recrutement des touts jeunes, vu que nous ne dépendons pas d'une salle. En générale, les jeunes des cours d'une salle passent dans le team local de la salle. Nous avons néanmoins un accord avec BeBloc pour cela et nous en sommes ravis. Je suis impatient de voir l'équipe des plus petits se gonfler avec les années ! Mais le fait de ne pas être attaché à une salle nous donne aussi une certaine indépendance. Ça nous pousse aussi à varier les structures d'entrainement ce qui est un point positif dans un sport aussi riche où la gestuelle, l'inclinaison des murs, les prises,.... changent tellement souvent. Donc c'est une force et une faiblesse à la fois. Nous tâchons d'en tirer le meilleur parti.

 

 

Vous avez dans la Team des jeunes de 8 ans mais également des moins jeunes comme Stéphane Hanssens (30 ans). Comment s'organisent les entraînements avec des différences d'âges aussi importantes ?

Il y a certains entraînements qui regroupent des profils différents. Cela nourrit aussi le team spirit qui est fondamental chez nous (j'insiste). D'autres entraînements se passent la journée avec des étudiants comme Simon, Antoine ou Héloïse. Certaines séances sont organisées particulièrement comme par exemple avec Stéphane ou Eline qui ne sont pas si souvent en Belgique. Enfin, des séances avec les plus jeunes sont en train de naître. Elles ont en général lieu une fois sur 2 avec des plus grands qui les inspirent beaucoup et l'autre moitié uniquement entre plus jeunes.

 

Nolan Delongueville<br />© Vincent LescautStéphane Hanssens dans Estado Critico<br />© Christophe HenrySimon Lorenzi dans Action Direct<br />© Coll. Simon Lorenzi

 

En très peu de temps vous avez eu de très beaux résultats en compétition nationale mais également en internationale comme la médaille d'or de Simon Lorenzi au Championnat du Monde, la première place d'Héloïse Doumont à la manche de Coupe d'Europe à Imst où Sven Lempereur atteint également la finale ainsi qu'en falaise avec Stéphane et Simon réalisant leur premier 9a avec respectivement Estado Critico et Action Direct ou Loïc Debry réalisant son premier 8B avec Le Surplomb de la Mée direct (départ assis). Ils avaient déjà une grande expérience avant d'arriver dans le Team mais que leur avez-vous apporté qui a pu faire la différence ?

Les athlètes actuels du team sont, pour la plupart, des personnes avec qui je travaillais déjà avant. Les résultats de cette saison sont donc majoritairement le fruit de plusieurs années de travail. Notre philosophie de team spirit joue néanmoins un rôle. Les facilités et évolutions liées aux études en éducation physique, par exemple pour Simon, sont aussi des éléments qui comptent. Le team s'est créé (je n'emploie pas le mot " formé " car le nom a justement changé après Climb Cool mais la quasi totalités des athlètes les plus impliqués sont restés avec moi) après une saison déjà remarquable avec Harold (2ème aux Championnats du Monde jeunes à Arco) , Simon (4ème aux Championnats du Monde jeunes à Arco), Stéphane (9ème à la manche de Coupe du Monde à Imst), Antoine (9a en falaise avec Fabela pa la Enmienda),.... De nouveaux arrivants comme Héloïse ont aussi profité de la dynamique globale du groupe. Ça boost !

 

Hélïse Doumont en or à Imst <br />Photo : Kletterzentrum ImstSven Lempereur en finale à Imst<br />Photo : Kletterzentrum ImstSven Lempereur & Didier Mottart<br />© Vincent Lescaut

 

Quels sont les projets à court et/ou long terme pour le team?

Constituer une équipe de petits, développer des stages en falaises, travailler avec l'étranger (je suis un grand amoureux de l'Espagne par exemple), continuer d'évoluer et de perfectionner toujours plus l'encadrement en alliant tous les aspects et pas seulement l'entrainement physique, .... Evidemment, trouver du financement nous permettrait de développer tout cela de manière plus rapide et plus efficace.

 

Merci Didier de nous avoir fait découvrir les dessous du club et d'avoir partagé un bout de ton rêve ;)

Ajouter vos commentaires

0 / 500 Restriction des caractères
Votre texte doit contenir entre 20 et 500 caractères
conditions d'utilisation.

Commentaires

  • Aucun commentaire trouvé

Populaires

  • Aucun commentaire trouvé